Le passage de la nature à la domestication:
A l'état sauvage, le cheval arrive "en partie" à réguler son état bucco-dentaire en trouvant intuitivement un équilibre entre la croissance permanente et l'usure de ses dents. Il va en effet sélectionner des aliments abrasifs, faire rouler des cailloux dans sa bouche, "se faire les dents" sur des troncs d'arbre et surtout mâcher pendant des heures (18h/24) en position naturelle (à terre) de telle façon que ses mâchoires sont coïncidentes donc parfaitement fonctionnelles. En somme, il a toutes les chances d'assurer une bonne usure, donc un bon fonctionnement du système masticateur et donc une bonne digestion, d'autant plus qu'il doit se mouvoir pour aller en quête de nourriture. Malgré ces conditions d'usure optimum, il faut savoir que les problèmes de dents restent un facteur de mortalité chez les équidés sauvages.
Il va sans dire que la nature n'a pas prévu que: les équidés n'aient pas le choix de leur nourriture, qu'ils soient nourris en position statique, à hauteur non naturelle (vive les mangeoires à 1,20 m), qu'ils mastiquent seulement 4 heures par jour (des granulés industriels), qu'ils vivent dans des espaces réduits et que nous leur mettions des mors dans la bouche! Fâce à ces paramètres, le cheval ne peut plus réguler l'usure de ses dents et les surdents sensées être de taille raisonnable prennent des proportions intolérables. Elles engendrent des blessures sur les muqueuses des joues et de la langue (d'où douleur et inconfort), une immobilité du système masticateur et par ricochet, diverses pathologies sur le corps entier (problèmes de digestion, coliques, perte de poids...).